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interview de Yannick

 

 

 

Pour cette journée de sensibilisation du deuil périnatal du 15 octobre  je vous présente une interview d'un super ami sur un sujet qui me tient à coeur:

Yannick

Interview de Yannick

 

  • Un homme parlant de sujet douloureux est-ce facile, est-ce une fierté,est -ce difficile?

Mon fils est une immense fierté pour moi, même s'il est décédé. J'adore parler de lui !

Et je prends aussi un malin plaisir à aller à l'encontre du sexisme ambiant et des préjugés sur les pères.

Trop souvent, les pères sont rabaissés par ceux qui croient qu'un homme est forcément moins concerné qu'une femme par la parentalité et que son rôle est de ramener les sous à la maison.

 

  • Parle moi de toi?

Je suis papa de deux enfants. Mon petit Gabriel, né en Janvier 2015 et décédé en Mars de la même année.

Et ma petite Ariane, née fin Décembre 2016. Je suis un papa geek, je travaille comme analyste de données dans une grande boîte de jeux vidéo. Et je suis un papa poule :-)

 

  • Pourquoi cette cause?

Le deuil périnatal est un sujet très tabou aujourd'hui dans nos sociétés.

Très peu de gens sont à l'aise pour parler avec moi de mon fils décédé ou pour parler de comment je vis mon deuil.

La conséquence directe de ce tabou, c'est la prolifération d'idées reçues sur le deuil.

Beaucoup de gens croient que le deuil dure entre 6 mois et un an (c'est faux), qu'il faut éviter de parler du défunt (c'est faux), qu'il faut se débarrasser des affaires et des photos (c'est faux)...

Résultat : l'expérience du deuil est une expérience de grande solitude dans laquelle les paroles maladroites viennent nous poignarder régulièrement;

 

  • Pourquoi une page sur Youtube, parle moi des vidéos?Pourquoi décides-tu de te lancer? Avez tu des craintes ?

Deux ans après le décès de mon fils, j'ai mûri et maturé ma pensée.

Je me sens prêt à m'exprimer sur le sujet du deuil périnatal. C'est une façon de continuer à faire vivre mon fils, à être à la hauteur de la force qu'il m'a transmis.

Aujourd'hui, plus de 90% des ressources (témoignages, associations, groupes de parole...) sur le deuil périnatal sont produites par des femmes.

Si on se plaint que les papas endeuillés ont du mal à s'exprimer, il faut commencer par casser ce cercle vicieux et œuvrer pour plus de parité. C'est pourquoi, j'ai décidé de me lancer !

J'avais envie de proposer autre chose qu'un seul témoignage.

J'ai choisi de faire plein de vidéos courtes qui abordent chacune un thème différent.

Ca permet d'analyser différentes dimensions du deuil : les paroles maladroites, la colère, la reconstruction, les psy, l'enfant d'après,... Libre aux internautes de regarder uniquement la vidéo qui les intéresse, ou de regarder toute la série.

Malheureusement, Internet reste Internet, et ça prend énormément de temps de se constituer un public régulier car on est perdu dans la masse.

Et on n'est jamais à l'abri d'un commentaire maladroit voire méchant ! C'est le prix à payer pour s'exposer publiquement.

 

  • Tu viens de faire une page Facebook ?

Au début, j'ai créé une page Facebook uniquement pour soutenir la chaîne YouTube et relayer les vidéos.

Et finalement, j'ai réalisé que c'était beaucoup plus facile de constituer une communauté et d'interagir avec via Facebook ! Alors j'ai commencé à poster.

Je parle de ma vie de papange, je relaie des livres, sites et blogs sur le deuil, je pose des questions et j'échange avec mon public,...

Et surtout, je reçois de très nombreux messages ! Depuis trois mois, quasiment une centaine de personnes m'ont contacté, la plupart du temps pour me raconter leur histoire, les difficultés qu'ils traversent, les relations compliquées avec leur entourage...

C'est parfois dur de réaliser à quel point le deuil périnatal touche un nombre incalculable de familles.

Dur et encourageant, car ça me donne de l'énergie pour poursuivre ce projet.

 

 

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