Anna

 

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« Je m’appelle Anna j’ai 92 ans. »

« J’étais chez moi bien dans mon quotidien, je vis seule depuis pas mal de temps depuis la mort de mon mari. »

« Et même si j’aime les visites de ma famille j’ai appris à apprécier le silence. »

« Je suis bien entourée et jusque là malgré des hauts et des bas je me portais pas si mal que ça. »

« Puis un jour en plein après midi le drame, je tombe dans les pommes comme on dit, inconsciente chez moi et sans me souvenir du pourquoi du comment je me suis retrouvée à l’hôpital. »

« Mais pas dans n’importe quel état, je me suis réveillée à la suite d’une opération avec trois trous dans le corps. »

« Voilà où j’en suis aujourd’hui tout cela pour une occlusion très importante sur un état qui s’est aggravé m’a-t-on expliqué. »

« Moi je suis dans mon lit sans savoir ce que veux dire occlusion ni a quel point mon état s’est dégradé et j’ai une sonde urinaire et des poches sur le corps. » » Je le sens en moi que je ne suis plus la même et j’ai même un peu peur. »

«  Je suis dans l’incapacité de me lever du lit et je dépends pour tous les gestes des soignants. »

« Moi qui suis dynamique et pleine de vie malgré mon âge vous ne pouvez pas vous imaginer à quoi on pense quand on est dans un lit d’hôpital. »

« J’écoute, je pense, j’ai toute ma tête et je souffre en silence. »

« Pas forcément de douleur puisqu’on me donne ce qu’il faut mais plutôt  je me consume de l’intérieur. »

« Aujourd’hui je voudrais mourir, fermer les yeux et ne plus penser à rien. »

« Chaque jour ce réveil, chaque jour ces milliers de répétitions de soins, cette toilette ou on vous tourne dans tous les sens. »

« Je ne sais pas combien de fois mes pansements se décollent, ni combien de fois par semaine ils sont fait je ne compte plus. »

« Ni combien de fois vous vous sentez mal dans votre peau et un peu dégoûtée faut le dire mais on ne dit rien parce que l’équipe fait ce qu’elle peut. »

« Vous essayez de faire au mieux dans vos gestes mais comme nous avons un corps douloureux et engourdi chacun de vos actes nous parait brusque ne le prenez pas mal. »

« Toutes vos paroles, vos regards, vos mots apaisants ou parfois maladroits et moi au milieu de tout ça »

« J’ai eu ma fille au téléphone un soulagement, j’avais encore de la force pour l’entendre et lui parler. J’en suis heureuse ! »

« Tous les jours le médecin vient me voir , me demande comment je vais, si j’ai des douleurs, écoute mon cœur et mes poumons . "

"IL fait de son mieux pour échanger avec moi et me soigner ." "Je reponds à ces questions ce n'est pas contre lui mais je suis en colère .En colère contre le sens des choses mais pas contre l'équipe  »

« Alors je réponds ca va mais que lui dire ce n’est pas maintenant que je vais lui faire de long discours sur les théories de mon avenir. »

« Moi je vais droit à la mort et lui par pudeur n'ose pas me le dire . »

« Depuis deux jours je me sens plus faible, je m’enfonce dans un sommeil plus long que d’habitude, je perds des forces. »

« J’aime fermer les yeux  cela me permet de me détacher de la réalité mais quelque chose me dit que j’ai raison. Les soignants viennent me voir plus souvent et j’ai aperçu mes doigts changer de couleurs et devenir un peu bleu.»

« Est-ce cela partir tout doucement, est ce donc comme ça que le corps s’épuise ? »

 « Je suis là sans être là, je me suis réveillée ce matin avec un froid partout, j’ai l’impression de ne plus sentir ce corps et mes doigts étaient bleus. »

« ON m’a accroche un masque pour l’oxygène mais ce n’est pas très agréable et l’infirmière me parle de morphine. »

« Un membre de ma famille est venu me voir, j’aurai pu voir quelqu’un avant de partir. »

«  Je ferme les yeux, je m’endors, je ne lutte pas,  au revoir  … »

 

 

Marion

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