Interview de docteur même pas peur

 

 

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1) Parler moi de vous et de votre vie d'interne

Et bien c'est difficile de se décrire, j'ai 27ans tout frais, et je vis dans une ville du grand ouest. J'ai fait mes études dans une autre ville du grand ouest , secret !

Je suis interne de médecine générale, actuellement en 4 eme semestre aux urgences. J'ai toujours voulu faire de la médecine générale et j'en suis ravi.

J'ai hâté de terminer mes stages hospitaliers qui, bien que formateurs ne sont pas ce que j'aspire pour plus tard. Mais il n'y a pas que la médecine dans la vie,

et j'aime plein d'autre choses et par dessus tout voyager.

 

2)Pourquoi un blog ? Qu'est ce qui vous a donné envie d'écrire?

Cela fait depuis mon externat que j'écris des phrases, de petits récits, dans mon téléphone, dans un carnet, un papier dans ma blouse, des expressions que l'on m'a dites.

J'ai depuis longtemps écrit de petites nouvelles comme ça, comme pour coucher sur le papier des choses vécues, drôles ou difficiles.

Et puis ma sœur, Journaliste en herbe,  après les avoir lues m'a poussé à en faire un petit blog.

Je dois dire qu'au départ c'est venu d'un besoin peut être égoïste d'écrire, mais surtout ca me fait du bien.

Et puis je me rends compte que je peux partager avec d'autres, un vécu similaire. Je ne connaissais rien des blogs médicaux.

Alors j'en ai lu et j'ai découvert des choses super comme celui de Jaddo, Farfadoc, Alors Voilà..."Docteur meme pas peur" c'est une référence à ma jeune expérience

et au fait qu'un docteur ca grandit avec ses patients. Le but à terme c'est ne plus avoir peur non?

 

3)L'article que tu as écris parle de l'annonce de la maladie est ce difficile ?Est ce qu'on vous en parle en cours?

Si on résume l'item "l'annonce diagnostique" à l'internat, il se traduit par des mots clés qu'on apprend bêtement sans les comprendre : "empathie , respecter les silences, écoute active,
 
débrancher le téléphone, dans un lieu calme, utiliser des mots compréhensibles, information adaptée, claire, toujours après confirmation histologique"... 
 
Clairement peu de formation. Ce n'est qu'en 6ème année que ma fac a instauré une formation pratique sous forme d'ateliers, entre étudiants en jouant des jeux de rôle, le tout encadré
 
par un psychologue et filmé. C'était très intéressant.
 
Mais je reste convaincu que la fibre communication est inée. On l'a ou on ne l'a pas. Meme si l'on peut progresser.

 

   

4) Comment s'est passée ta première annonce de diagnostic?est ce que tu t'en souvient?
 
Concrètement je n'en ai encore jamais fait et je redoute ce moment. J'en suis pétrifié.
 
Il a failli en être question il n'y a pas longtemps, d'ailleurs j'en parle dans mon billet "l'amour tue".
 
J'en ai longuement rediscuté avec les généralistes qui m'encadraient ainsi qu'à la fac dans le cadre d'un récit de situation annuel que l'on présente et qui débouche sur des recherches.
 
J'ai pu m'informer un peu plus sur le sujet. Des recommandations HAS récentes sur le sujet sont assez bien faites pour les modalités pratiques, légales et organisationnelles. 
 
 
5)Comment gère ton ses émotions devant les familles quand on est médecin?
 
Je pense qu'on se blinde clairement. Avant de faire médecine j'étais très perméable aux sentiments des autres.
 
Je reste humain, disponible et empathique, mais je fais la part des choses en rentrant pour me protéger, c'est nécessaire. Mes parents me disent parfois que je suis moins sensible.
 
Je ne pense pas, car à l'intérieur, c'est les chutes du Niagara. Parfois, c'est plus difficile.
 
Alors je sors, je fais la fête, grille une cigarette et bois des verres entre amis, et Puis quand je peux je sors la planche à voile ou les basket.  
 
 
 
Ou vous joindre : 
 
 
 
 
 
 

Après le point de vue d'un médecin nous passons aux paroles des aidants:

M: une giffle en pleine figure.trés mal.

M: Le néant autour de moi encore une fois

C: pas de consultation d'annonce pour nous, mais le compte rendu d'IRM lu à la maison. l’équivalent d'un parpaing en pleine figure, et tout de suite je suis passée en mode combat.

D: Je me doutais de ce qui se passait mais qd le medecin m'a annoncée en privé les 3 mois restant à vivre de mon mari ç'a été un énorme choc. J'ai pris les devant en demandant de suite un rdv avec l équipe de soins anti-douleur et le rappatriement immediat de mon mari à la maison. Il était hors de question qu il meurt seul à l hopital . Aucun médecin ne lui a en revanche jamais dit ni qu il avait un cancer ni qu il ne retournerait jamais travailler....

S: On a l'impression que le ciel nous tombe sur la tête. On essaie d'être dans le dénie mais ça ne marche pas hélas

J: Une gifle puis la rage de me battre pour trouver une solution. Ce qui à donné une admission pour des soins palliatifs 48H après.

 

 

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