Témoignages

 

Vous allez découvrir des témoignages d’aides soignant(e)s , d’infimières sur le métier d’aide soignant.

 

Témoignage de V (aide soignante):

 

Ok. Je crois que j'ai toujours voulu travailler au près de personnes malades. Peut être parce que toute petite j'accompagnais mon papa le dimanche matin dans sa tournée des hôpitaux de Nantes pour vérifier l'oxygène. Et puis, il y a eu un voyage à Lourdes où j'ai vu tous ces malades en fauteuil roulant et sur des brancards. J'ai donc fait un BEP sanitaire et social, option social car à l'origine je voulais être éducatrice. Mais trop d'études et trop loin de la maison. J'ai eu la chance d'être embauchée dans l'hôpital de ma commune et de ne plus en partir. J'y travaille depuis que j'ai 18 ans. Donc 36 ans cet été. J'ai travaillé principalement auprès de personnes âgées. J'ai commencé comme agent et mon établi m'a payé ma formation d'aide soignante. Et là, j'ai su que c'était vraiment ce que je voulais faire. J'aime ce contact que l'on a avec nos anciens, même si l'on doit toujours courir et que les familles sont de plus en plus exigeantes ! J'ai aimé m'investir dans les animations, les sorties avec les anciens ( pique-nique, matchs de foot, repas de fin d'années avec les familles de résidents). Puis je me suis rendu compte que je me sentais très bien auprès des résidents en fin de vie. Moi qui ai un caractère très impulsif, là je devais être calme, vrai.... et j'ai eu la chance de passer un DIU de soins palliatifs et de changer de service. Depuis 2009, je travaille en médecine, soins de suite. Donc auprès de personnes plus jeunes qu'en EHPAD. Avec un fonctionnement différent puisque nous avons des médecins dans l'équipe. Et toute la différence est là. Tous les jours j'apprends quelque chose, à la différence des long- séjours où la routine s'installe et où la course après le temps commençait à tuer la passion que j'avais pour mon métier. Aujourd'hui, je me sens bien dans mon service, surtout depuis que j'ai du temps dédié aux soins palliatifs. On travaille en équipe, on a une cadre qui nous écoute. Mais hélas les conditions de travail commence à battre de l'aile. Je me retrouve parfois dans les conditions de travail qu'en EHPAD. Avant, on avait le temps de faire du ménage tous les jours. Maintenant on terminé les aides à la toilette à midi. Les patients partent le matin et on a un autre patient qui arrive le tantôt. Il faut du rendement. L'hôpital est devenu une usine à fric et je vois autour de moi quelques aide-soignant et infirmière qui quitte le navire car elles ne se retrouvent pas dans leur formation. Moi, je teins le coup car la retraite arrive d'ici 3-4 ans. Enfin j'espère. Et que je me lève le matin pour apporter des soins, de l'amour auprès de personnes malades et en fin de vie. Et que personnes n'arrivera à me dégoûter de mon métier. Même si parfois, j'ai envie de tout laisser tomber face à cette exigence, ce manque de temps et ce fric qui n'a rien à voir avec l'hôpital. Voilà, oups, j'ai été très bavarde mais du coup ça m'a fait du bien de parler.

 

Témoignage de MG (aide soignante): 

 

Pourquoi être devenu aide-soignante, à l'époque j'étais aide à domicile je sortais d'un contrat en maison de retraite et j'avais à cœur d'obtenir une qualification et des connaissances afin de mieux prendre en charge de manière holistique les patients et les différentes pathologies auquel j'ai été confronté. J'ai intégré la formation et je suis sortie avec un contrat dans l'hôpital où j'ai effectué plusieurs de mes stages. Mon premier poste a été sur un remplacement de nuit et à conforter mon idée que ce créneau horaire était celui qui me convenait le mieux autant professionnellement que personnellement. J'ai effectué aussi un remplacement de longue durée de jours cela était également enrichissant mais j'ai vite retrouvé un poste de nuit. Aujourd'hui je suis toujours aussi heureuse de ce métier même si la nuit n'est pas aussi évident qu'on peut se l'imaginer de prime abord , en effet un service de 27 patients minimum pour une infirmière et une aide-soignante demande beaucoup de réactivité d'adaptabilité d'énergie et un bon sens pratique pour s'organiser .Ce qui me plaît dans mes interactions la nuit avec les patients c'est la diversité des actions que je suis amené à faire . J'accueille les patients de retour du bloc je prend ainsi en charge déjà en fin de vie Je réconforte ceux qui ont appris une mauvaise nouvelle dans la journée et qu'ils font face avec l'obscurité venue à une annonce parfois toutes très douloureuses. Dans le service de chir où je suis Fixe je suis amené à pratiquer des surveillances des gestes de nursing ainsi que des temps de parole pour de la prévention. Comment ne pas être encore ému lorsqu' lorsqu'un patient que j'ai pris en charge et que j'ai rassurer me remercie et mais souhaite bon courage pour la nuit. Je retrouve encore souvent l'étincelle et la motivation dont j'ai besoin au quotidien pour me porter dans cette vocations et heureusement .À l'heure actuelle même si les conditions de travail ne me semble plus du tout en accord avec mes principes je lutte souvent pour apporter à mes patients ce qu'ils sont en droit d'attendre . La population que nous accueillons a évolué et nos pratiques ne sont plus en accord. C'est un débat qui s'enlise et qui détruit la relation soignant-soigné mais également le regard que nous portons chaque jour sur un système de santé en pleine paupérisation.

 

Témoignage de JM (aide soignant):

 

Aide-soignant, comme son nom l'indique:

 Aider mais ne pas faire à la place, aider là où il y a besoin quand il y a besoin, de la manière la plus adéquate.

  Aider l'usager, son entourage, l’équipe pluri professionnelle, le médecin, l'élève, l'étudiant. Aider de ses mains, par la parole, par l'observation. Observer simplement sans interpréter, retranscrire le plus objectivement.

Soigner, prendre soin de. Dans les trois dimensions: bio, psycho, socio. Dans le respect des cadres de référence de chacun. Par amour de l'autre et sans jugement.

  Je n'ai pas choisi ce métier, il m'a choisi et m'a convaincu. Je pense que le soin ne s'apprend pas, il se transmet. Les pairs te témoignent leur intérêt en t'associant à leur journée, ils te confirment cet intérêt en te sélectionnant pour l'IFAS (école d'aide-soignant), ils prennent soin que tu réussisses ton cursus et confirme leur choix en te diplômant. Puis l'histoire se perpétue.

"Observation et bon sens" tel est la description qu'une infirmière m'a fait de nos métiers. Nous travaillons dans la simplicité vers la subtilité.

Je suis comblé par mon nouveau métier et encore ému du choix de mes pairs. 

 

 

Témoignage de clo infirmière :

 

L'AS est pour moi la personne qui passe le plus de temps auprès du patient, puisqu'elle assuré les soins d'hygiène et de confort  (toilette repas réfection des lits installation accueil des patients etc.).

 Elle  fait partie intégrante de l'équipe de soins et participe pleinement au maintien de l'autonomie du patient.

 Elle exerce sous la responsabilité de l'infirmière (d’où l'impossibilité actuellement d'un exercice en libéral).

Elle est, De par sa présence auprès du patient, la personne qui est la plus à même de repérer l'évolution de l'état de santé du patient.

Elle participe pleinement à la continuité de soins de par ses transmissions orales et écrites. Bref, rôle important  au sein d'une équipe soignante

 

Témoignage d’El (aide soignante) :

 

Je n'étais pas voué à faire le métier d'aide soignante. Lorsque j'étais petite je voulais faire du Droit (enfin un rêve). Ce qui m'a fait devenir ce que je suis aujourd'hui aide soignante c'est suite à une expérience personnelle. En effet, en 1996, j'étais alors jeune, mes parents on dû accueillir à notre domicile ma grand-mère paternel. Elle ne pouvait plus rester seule à son domicile suite au décès de mon grand-père en 1992. Ma grand-mère voulait pas aller en MDR, à cette époque elle était encore autonome. Puis les mois se son succéder et ma grand-mère perdait en autonomie (problème d'incontinence, de mobilité, elle marchait à l'aide d'un déambulateur, elle avait de plus en plus de mal à se laver, de plus en plus difficile pour nous pour la prise de son ttt ….). Avec la collaboration de notre médecin de famille, des aides étaient mis en place entre autre une IDE qui venait tout les jours pour les ttt (faire le pilulier et l'aide à la toilette), ma grand mère s'opposer à sa aide venant de l'extérieur, elle en devenait agressive. Ma mère, en accord avec le médecin et mon père s'est proposé pour faire les soins d'hygiène. Ils pensaient que ma grand-mère accepterait mieux. Mais en vain, celle-ci refusais également l'aide. Dans mes souvenirs d'adolescente, je revois ma grand- mère lever sa canne, insulter tout ce qu'elle faisait à l'IDE. Lors d'un weekend, mes parents ont du s'absenter. J'ai « du » m'occuper de ma grand-mère. Lui faire la toilette, je me rappelle de cette journée comme si c'était hier, elle m'a dit : mon enfant j'aimerais tant prendre une douche avec un shampooing, je lui répondis : mais mamie on ne peut pas il y a les escaliers à monter, elle me regarde et me répond, je les montrer ma fille! Nous voilà toute 2 monter les escaliers, arrivé à l'étage je lui dis : mamie je dois te déshabiller et elle me répond : oui c'est mieux pour la douche ! Je ne savais pas ce que c'était un corps ridé, puis ce n'étais pas ma place! J'étais sa petite fille et non une IDE. Mais en regardant ma grand-mère je voyais dans ses yeux bleus sa joie de prendre une douche et d'avoir son shampooing. Et j'ai également pu constater que ma grand-mère m'attribuer sa confiance. Voilà comment j'ai pu donner un instant de bonheur à ma grand-mère. Depuis ce jour, chaque jour avant de partir à l'école, je préparais son petit déjeuner, j'aidais ma grand mère pour la toilette, changer sa protection et donner son ttt qu'elle prenait sans rechigner. Et elle m'attendait toute la journée, elle attendait que je rentre de l'école pour que je m'occupe d'elle. Elle n'allait pas aux wc de la journée, refusait de manger elle disait à ma mère j'attend ELODIE . Donc chaque soirs en rentrant de l’école, je refaisais une toilette à ma grand-mère, changer sa protection, la préparait pour la nuit, l'accompagner en SAM pour le repas du soir, donner son ttt. Mes parents étaient stupéfait de voir cela. Puis un jour j'ai rencontré mon compagnon, et la vie a fait que j'ai quitté la maison, j'avais 16 ans, je voulais connaître la vie d'ado, j'ai donc « laissé »ma grand mère à mes parents. J'en avais marre, j'étais si jeune mais je me sentais déjà adulte. L'état de ma grand-mère s'est aggravé suite à mon départ (enfin c'est ce que je pense), d'un état où elle pouvait se déplacer avec aide elle s'est retrouvée alitée, refusant de s'alimenter, boire, prendre son ttt. Je ne pouvais pas revenir je voulais VIVRE ma vie de jeune fille. Mes parents me tenais informer de l'évolution de l'état de santé de ma grand-mère, qui leurs avaient demandé de me voir. Je me suis rendu à son chevet et elle m'a remis une enveloppe. La seule chose qu'elle m'a dit : je t'en veux pas mais respecte mon souhait ouvre cette lettre lorsque je serais partie. Je lui répond bien mamie. Ma grand-mère s'en est aller le jour de l'étè en 2000.Afin, de l'accompagner jusqu'au « bout »,

j'ai demander au service des pompes funèbres d'assister à la toilette mortuaire et habillage de ma grand-mère. Au début ils ont hésité mais ma mère leurs a dit laisser la, elle s'est occuper de sa mamie ; Ce fut dur j'avoue, je n'avais jamais vu un mort, je me souviens des spasmes qu'elle avait lorsqu'ils la manipuler. Je leur ai même dis mais arrêter elle n’est pas morte elle respire. Enfin, au moment d'aller à ses obsèques, je n'étais pas prête, je n'ai pas pu l'accompagner, quelle honte ! Une fois la levée du corps faite, j'ai ouvert les fenêtres de sa chambre, je me suis assise sur son fauteuil et j'ouvre l'enveloppe. Dans celle-ci se trouvait un chèque et un petit mot me disant : voici un petit chèque afin de te payer des études d'infirmière, les études que tu n'a pas fait à cause de ta vieille mamie, je souhaite que tu sois infirmière car tu es douce, rigolote, attentive, prévenante avec les vieux (se sont ses mots). Pardonne-moi ma fille d'avoir volé ta jeunesse, je t'aime mamie.

 Suite à ce courrier, en 2005, j'ai commencé une formation découverte dans le monde hospitalier, ce stage fut la révélation, mais suis je capable de faire le souhait de ma grand-mère?! J'ai donc continuer par une formation d'assistante de vie, mais le soins me manquer, j'avais un réel besoin de toucher, mon diplôme d'assistante de vie me permettait de passer le concours d'aide soignante, j'ai mis 4 ans avant de pouvoir rentrer à l 'école (2009), j'ai obtenu mon DEAS .

Depuis Juillet 2010, je fais des vacations dans divers EHPAD, mon travail me plaît énormément, malgrès la dureté de notre métier. Nous n'avons pas de planning fixe, une grosse charge de travail car peu de moyens humains pour répondre à l'attente des personnes âgées. Quelque fois lorsque je sors du travail j'ai le sentiment de ne pas avoir accomplis correctement mon devoir de soignante.

Dans notre métier d'aide soignante il n'est pas rare de rencontrer des moments de joies (éclats de rire avec les résidents, des surprises, ect …..), mais aussi nous rencontrer des moments de tristesses (décès, la peine des familles), c'est pour cela quoi qu'il arrive dans notre service il faut être présent tant dans les bons moments tant dans les mauvais moments.

La présence peut être physique (silencieuse, écouter, observer et laisser venir à sois les personnes). Une aide soignante est à la fois une personne qui accomplis des soins de nursings, qui est la 1ere personne à qui le patient/résident se confie, c'est la 1ére personne que le soigné déversera sa colère .Et oui une aide soignante et le fil conducteur entre le soigné et l'IDE. Tout cela pour dire, une aide soignante vit avec les résidents ou patients ? C’est elle qui connait le mieux la personne, ce qu'elle attend de nous et nous devons répondre au mieux a ses attentes.

Je trouve que le métier d'aide soignante n'est pas assez reconnu, on parle beaucoup des IDE certes elles ont aussi leur part de travail, coordonnées les soins, l'administratifs, gérer les médecins, urgences, la relation avec l'équipe (culpabilité, colère), les familles.

 Si j'avais un coup de gueule à passer aujourd'hui se serais celui-ci : que le métier d'aide soignante soit reconnu à sa juste valeur et que l'état donne les moyens financiers pour faire des embauches afin de notre travail devienne plus facile à vivre.

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