Comment aider

Proposez une aide concrète

Avant toute chose, avant de proposer votre aide, faites le point avec vous-même : prenez soin d'évaluer ce que vous pouvez faire – et surtout ce que vous avez envie de faire pour cette personne. Assurez-vous aussi que vous pourrez apporter votre aide sur la durée. Votre fiabilité est, en effet, primordiale. La personne en deuil est à fleur de peau et elle ne sait plus où elle en est ; il est donc très important que vous soyez fiable. Comprenez que tout manquement à votre parole risque d'être aussitôt perçu comme un abandon de votre part !

Allez au devant des besoins

La personne en deuil redoute de faire peser sa peine sur autrui. De là, évitez cette erreur très fréquente qui consiste à lui dire : « Appelle moi si tu as besoin de quelque chose ». Vous pouvez être certain(e) qu'elle ne va pas le faire ! Elle craint de vous déranger, même si vous lui assurez que ce n'est pas le cas.
Comprenant cela, n'hésitez pas à aller au devant d'elle, le plus souvent possible. Anticipez ce dont elle pourrait avoir besoin et demandez-lui si cela lui convient. Demandez-lui de quelle aide elle a le plus besoin. Revenez souvent à la charge, quand vous proposez quelque chose : ce qu'elle a refusé un jour, peut être accepté, avec joie, un autre jour ! L'humeur des personnes en deuil change très rapidement. C'est une caractéristique du vécu du deuil ; essayez de vous y ajuster !

Proposez des aides concrètes

Aider quelqu'un en deuil, ce n'est pas que lui proposer une écoute attentive, c'est aussi l'aider à (re)trouver sa place dans son nouveau quotidien. Elle a perdu de nombreux points de repères. Vous pouvez lui proposer des choses extrêmement concrètes, comme, par exemple, l'aider à ranger ou à trier les affaires de la personne décédée, ou vous occuper d'aller chercher ses enfants à l'école, deux jours par semaine, ou encore lui proposer de l'aider à faire sa déclaration d'impôts… La liste est sans fin !

Le secret est là : demandez lui régulièrement « De quoi as-tu besoin aujourd'hui ? En quoi puis-je t'aider ? » - Aidez-la à formuler ses besoins, ses désirs, ses attentes, tout en comprenant qu'elle a peut être du mal à penser, à réfléchir et à identifier ses propres besoins. Ceci est normal au cours du deuil.

Vous pouvez aussi aider concrètement cette personne en lui offrant, en cadeau, le programme d'accompagnement du deuil que vous trouverez sur ce site.

Cette personne vous attend, sans oser le dire !

Comprenez que, très souvent, la personne en deuil espère secrètement qu'autrui vienne au devant d'elle, pour la sortir de sa détresse. Elle souffre de se sentir différente ; elle se vit comme « hors de la vie », ou comme une pestiférée qui ne mérite que d'être oubliée dans un coin. Elle souffre d'une solitude dont vous ne mesurez pas l'intensité.

Comprenez que la plupart des proches d'une personne en deuil n'appelle plus, après quelques mois et ne prend plus de nouvelles. C'est terrible à vivre pour elle, car cela la conforte dans l'idée qu'elle n'appartient plus au monde des vivants. Essayez de ne pas faire partie de ces personnes qui « oublient » que le deuil est un long processus qui dure largement plus que quelques mois…

Ne pensez pas non plus que, si la personne en deuil ne vous appelle pas, c'est parce qu'elle préfère rester seule. C'est souvent faux ! Bien sûr, elle a besoin de moments de solitude, mais elle attend aussi des propositions de sorties ou des invitations, sans oser les demander. Mais, en même temps, elle peut refuser systématiquement tout ce que vous lui proposez ! Cela semble contradictoire, mais cette attitude paradoxale entre le besoin de contact et le refus de tout contact est très fréquente chez les personnes en deuil. Il faut le comprendre et renouveler sans cesse vos invitations, sans vous décourager si elle dit « non », à chaque fois. Un jour, elle vous dira « oui »…

Proposez des « breaks »

N'oubliez pas, non plus, de lui proposer des choses agréables. La personne en deuil acceptera ou non (ne vous formalisez pas !), mais, si elle accepte, cela sera, pour elle, un « break » salutaire dans le vécu de son deuil. Prenez conscience aussi qu'il est possible qu'elle se sente coupable, dans l'après coup, d'avoir pris du bon temps avec vous. En effet, certaines personnes en deuil s'interdisent, plus ou moins consciemment, d'éprouver du plaisir ou de la joie, alors qu'elles viennent de perdre un proche. Elles s'imaginent qu'elles le trahissent et elles se culpabilisent car elles croient qu'elles sont en train de l'oublier – même si, bien sûr, ce n'est pas le cas.
Vous pouvez l'aider en lui présentant son deuil comme une longue ascension de l'Himalaya : elle a besoin de s'arrêter aux différents « camps de base », afin de reprendre des forces, de temps en temps. Ces temps d'arrêt et de ressourcement ne signifient pas qu'elle oublie son ascension.

Prenez conscience des efforts silencieux de cette personne

Comprenez aussi que cette personne en deuil fait un effort énorme quand vous l'invitez et qu'elle tente de faire « bonne figure » en société. C'est compréhensible : elle se culpabilise de lasser ses proches, en leur imposant, sans cesse, le spectacle désolant de sa douleur (surtout quand cela fait longtemps qu'elle est en deuil). Elle ne veut pas alourdir l'ambiance par sa peine, mais sachez que cet effort qui consiste à « prendre sur elle » est épuisant. Reconnaissez-le et faîtes lui comprendre qu'elle n'a pas besoin de mettre un masque social, quand elle est avec vous. Laissez-la être comment elle souhaite être : parfois souriante… parfois apaisée… parfois triste… parfois angoissée… parfois en retrait… parfois très présente… Elle comprendra alors qu'elle n'a pas besoin de jouer un rôle avec vous et elle vous en sera très reconnaissante.

Le partage et le don

Tout dépend bien sûr de l'ampleur de la peine, mais bien des maux peuvent être allégés par une présence chaleureuse. Il suffit parfois d'un regard, d'un geste tendre, d'une parole amicale pour soulager un chagrin. Consoler, c'est d'abord ne pas laisser l'autre seul ; c'est être là, effectivement, affectivement, pour que ne s'ajoute pas à sa souffrance celle de la solitude. Le temps de la consolation est celui du partage et du don qui attestent tous deux que la vie conserve du sens, au-delà de ce qui l'alourdit momentanément ; partage et don restaurent le goût de vivre… partage de ce qui pèse… don de sa propre chaleur de vie, de par les gestes, les mots, accueillis et donnés.

 

On ne fait pas de grandes choses, mais seulement des petites avec un amour immense.
Mère Teresa

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Commentaires (3)

REPONSE
  • 1. REPONSE | 19/03/2011
Que dire pour vraiment aider ?
C’est la grande question que se posent tous les proches qui souhaitent aider une personne en deuil : « Que dire à une personne en deuil ? J’ai peur de faire des bêtises ou de dire n’importe quoi… ».

Pour vous aider, voici un « kit de survie relationnel » qui va vous permettre de poser les questions qui sont vraiment utiles à une personne en deuil (car elles correspondent à ses besoins spécifiques) :



1.Invitez-la à vous parler de la personne qu’elle a perdue et de la relation qu’elle entretenait avec elle :

« Parle moi de ton mari/enfant/parent… Qui était cette personne ? Comment était votre relation ? Raconte-moi ! ».

La personne en deuil que vous accompagnez ne demande qu’une chose : parler du proche qu’elle a perdu. C’est un besoin extrêmement pressant durant les premiers mois du deuil. Rassurez-vous : il n’est pas du tout dangereux de parler de la mort de cette personne. Paradoxalement, cela fait du bien à la personne en deuil et cela l’aide à avancer intérieurement. Evidemment, parler de la personne disparue va faire venir des larmes et vous pouvez en conclure – à tort ! – que parler d’elle lui fait du mal et qu’il est donc préférable de se taire. C’est faux : offrir votre écoute, c’est aussi apprendre à être confortable auprès de quelqu’un qui pleure, sans partir en courant car vous ne savez plus quoi faire.
N’hésitez pas, par exemple, à lui demander de regarder ensemble des photos, afin qu’elle les commente, en détail, avec vous. N’ayez pas peur de sa peine.


2.Invitez-la aussi à parler de ce qui s’est passé.

Faites-lui raconter les circonstances de la maladie, les circonstances de la fin de vie, le récit de l’accident ou du suicide… etc. Cela peut vous paraître macabre de revenir sur de tels événements, sachez que c’est indispensable pour la personne en deuil : elle a réellement besoin d’en parler. Sachez aussi que ce besoin peut persister pendant des mois ; il est donc important que vous laissiez cette personne y revenir spontanément, encore et encore, sans jamais lui dire : « Attends : on ne pourrait pas passer à autre chose ?... ».


3.Posez-lui aussi très régulièrement la question suivante : où en es-tu aujourd’hui… ? Il y a 5 aspects à explorer dans cette question :

◦Où en es-tu aujourd’hui, au niveau physique ?

Explorez avec elle comment elle prend soin d’elle : sa santé, son sommeil, son alimentation, son hygiène de vie en général.
Regardez là où vous pouvez (et là où vous avez envie) de lui être utile : s’il y a un problème de santé qu’elle néglige, par exemple, proposez-lui de l’accompagner chez le médecin. Invitez-la à ne jamais laisser traîner un problème de santé.


◦Où en es-tu aujourd’hui, psychologiquement ?

Explorez avec elle ses émotions et aidez-la à les exprimer, sans jugement : la peur, la colère, la culpabilité, la tristesse, la perte de sens… Vous n’avez pas besoin d’être « psy » pour cela : suivez votre cœur, écoutez et n’essayez pas d’apporter des réponses. Contentez vous d’être présent(e) et attentif (ve) à ce qu’elle vous dit : cela suffit amplement.

◦Où en es-tu aujourd’hui, dans ta relation avec les autres ?

Assurez-vous régulièrement que cette personne ne s’isole pas trop, même si les moments de solitude lui sont indispensables. « Es-tu bien entouré(e) ? Comment réagissent tes proches, tes enfants, ton épouse, tes collègues, tes amis… etc. ? ». Laissez-la aussi exprimer sa joie d’être soutenue… ou son amertume à se sentir abandonnée par certains…

◦Où en es-tu aujourd’hui, matériellement ?

On n’y pense pas toujours, mais c’est une dimension à examiner : « Es-tu confronté(e) à des difficultés matérielles ou à des problèmes financiers qui demandent des actions spécifiques ? Où en es-tu dans tes démarches administratives ? As-tu besoin d’aide ? Souhaites-tu que je t’accompagne à la banque pour faire le point ? »


◦Où en es-tu aujourd’hui, spirituellement ?
La quête de sens et la remise en question des valeurs et des croyances sur la vie seront des enjeux importants au cours de son deuil.


Les réponses que la personne va vous faire ne seront jamais définitives car elles vont considérablement évoluer au fil du temps. Vous pouvez l’aider, en lui permettant de mettre des mots sur ce qu’elle pense. D’où l’importance de poser régulièrement cette question… Ne vous désespérez pas devant les réponses très sombres qu’elle pourra vous faire: elle est dans un profond remaniement intérieur et elle doit traverser un « no man’s land spirituel », avant de pouvoir se reconstruire…
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  • 2. promotion web (site web) | 01/09/2012
Bonjour à tous! Je ne sais pas par où commencer, mais espérons que ce sera lenvoleedor.e-monsite.com utile pour moi.
Béatrice Berthelage-Hervé
  • 3. Béatrice Berthelage-Hervé | 17/06/2013
Bonjour. Quand mes proches sont morts,j'étais seule avec mon mari et mes enfants. Personne ne nous a aidé, au contraire. Après la mort de notre fils de trois ans, Michaël,d'une méningite foudroyante,le 7 avril1998,nous étions effondrés,nous avons encore plus souffert à cause d'un procureur et d'un juge pour enfants du tribunal d'Auxerre qui nous a fait enlever nos quatre fils,de 2 ans,5 ans,8 ans,9 ans, le 11 juin 1998 (le jour de l'anniversaire de notre fils Jean-Baptiste 8 ans) par la force armée menaçante et violente, des gendarmes, tôt le matin,chez nous,alors que nous étions innocents,nos 4 fils ont été " placés " dans le foyer de l'enfance au bd Gouraud à Auxerre, à 90 kms de nous,durant un an,et mon mari et moi, nous avons été mis en examen,jugés et acquittés à Sens,dans l'Yonne où nous avions une petite maison avec jardin à Saint Martin sur Oreuse. Ce n'était pas de notre faute si notre fils a eu une méningite et s'il en est mort,mes autres fils étaient malades et moi aussi.Nous avons été maltraités par des fonctionnaires d'état,impitoyables,cruels. Nous et nos fils, avons beaucoup souffert de leurs méchanceté durant des années et encore maintenant,ils nous persécutent toujours sans raison valable. Nous sommes chrétiens et français. Salut cordial. Madame Berthelage-Hervé Béatrice

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