Le suicide

 

Le suicide est l’acte délibéré de mettre fin à sa propre vie. Le suicide est souvent commis par désespoir, cause qui peut être attribuée à un trouble mental tel que la dépression, le trouble bipolaire, la schizophrénie, l'alcoolisme ou l'abus de substances. Des facteurs de stress tels que les problèmes financiers ou des problèmes dans les relations humaines jouent souvent et également un rôle significatif.

Chaque année, plus d'un million d'individus se suicident. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le suicide est la treizième cause de mortalité la plus fréquente dans le monde . Le suicide est la cause principale de mortalité chez les adolescents et adultes âgés de moins de 35 ans. La prévalence du suicide est trois à quatre fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes. 

Le suicide est en effet une cause majeure de décès prématurés : plus de 11 000 décès par suicide ont été enregistrés en France métropolitaine en 2011 et près de 200 000 personnes ont été accueillies aux urgences après une tentative de suicide. L’Observatoire national du suicide doit permettre de mieux connaître cette réalité afin de mieux la prévenir.

En France, un décès sur 50 est un suicide, et on estime qu’une personne sera confrontée, sur une période de quarante ans, au décès par suicide d’une à trois personnes de son entourage immédiat1 . Alors que la France bénéficie d’une espérance de vie élevée, son taux de suicide est parmi les plus hauts en Europe.

Chaque année, environ 70 000 personnes sont hospitalisées pour Tentative de suicide.

Le suicide est la 8ème cause de décès après les tumeurs, les maladies cardiovasculaires, les accidents, Alzheimer, l’infarctus, des causes inconnues ou non précisées, la pneumonie-grippe.

 

voici un lien d'un site internet:http://www.preventionsuicide.be/view/fr/leSuicide.html

 

Je vous présente une interview écrite avec un psychothérapeute spécialisé dans le traumatisme et le suicide pour nous donner plus de renseignements sur le sujet:

 

  • Parlez nous de vous?

Je suis psychothérapeute spécialisé dans le traumatisme et le suicide. Diplômé du Centre International des Sciences Criminelles et Pénales, formateur agréé par le ministère de la Santé pour transmettre la formation sur le repérage et l’évaluation de la crise suicidaire..

Mon activité se répartit entre trois domaines : les prises en charge individuelles ou familiales dans mon cabinet de Valence, l’analyse de la pratique avec des équipes médicales et éducatives, la formation dans les hôpitaux psychiatriques et les prisons.

C’est en côtoyant quotidiennement des personnes traumatisées que j’ai été sensibilisé à la problématique suicidaire. Dans les moments d’isolement et d’impuissance à sortir de leur souffrance, ces personnes envisagent fréquemment  le suicide.

J’ai donc commencé à travailler dans la dimension individuelle (psychothérapie) avant de devenir responsable du dispositif de prévention du suicide dans la Drôme. Aujourd’hui je travaille également avec des familles ou des groupes (soignants par exemple) endeuillés par suicide

 

  • vos formations:

La conférence de Consensus de en 1998 a mis en évidence une difficulté à faire la différence entre des personnes qui souffrent terriblement à un moment donné dans leur existence et des personnes qui sont sur le point de faire une tentative de suicide. Le Professeur Monique Séguin (Canada) et le Professeur Jean-Louis Terra (France) ont travaillé ensemble pour concevoir un outil d’évaluation du risque suicidaire.

C’est un outil très simple, basé sur trois questions : 1 « Allez vous mal au point de penser au suicide ? »  2 « Avez-vous identifié le moyen de le faire ? »  3 « Vous êtes vous fixé une date ? »

En fonction des réponses obtenues, il s’agira soit de protéger la personne suicidaire d’un passage à l’acte, soit de la prendre en charge au niveau de sa souffrance en surveillant une éventuelle montée des idées suicidaires.

Actuellement, un nombre minimum de soignants  formés à évaluer la crise suicidaire est requis pendant le processus d’accréditation des hôpitaux.

Depuis l’année 2000 des formateurs sont  agréés par le Ministère de la Santé pour diffuser cette formation à toutes les  proches de personnes suicidaires que ce soient des professionnels ou des bénévoles.

Ces formations ont été très investies par le personnel social, éducatif, soignant et psychologique. Mais les médecins ne se sont pas autant formés et cela crée parfois des problèmes dans les équipes.

 

  • Quelles sont les caractéristiques du suicide (décès) en France?

    Passant de 6 000 morts par suicide par an en 1970 à environ 13 000 en 1986 (pic lié aux conséquences économiques du  premier choc pétrolier), le nombre de décès par suicide s’est aujourd’hui stabilisé aux alentours de 10 500 morts par an.

    Cette amélioration  est dûe à la prise de conscience, dans les années 1990,  de l’importance de la problématique suicidaire  par les pouvoirs publics et les professionnels sous l’influence des familles endeuillées par suicide. Classée comme priorité de santé à plusieurs reprises par les différents ministères de la Santé, la crise suicidaire reste cependant un sujet rarement abordé, hors la journée nationale de Prévention du suicide animée par l’Union Nationale de Prévention du Suicide chaque mois de février.

    Les chiffres des décès par accidents de la route (3 000 décès par an soit 1/3 des décès par suicide) sont communiqués mois par mois par les médias, ceux du suicide sont méconnus ou tronqués donnant à tort, l’impression d’une augmentation désespérante.

    Si on considère les décès par suicide en fonction de l’âge des personnes, nous trouvons pour les dix dernières années environ:

  • 40 à 60 suicides d’enfants de moins de 15 ans
  • 400 à 500 décès d’adolescents et jeunes adultes entre 15 et 25 ans.
  • 2 500 décès de jeunes adultes entre 25 e 44 ans.
  • Environ 3 800 pour des adultes entre 45 et 65 ans
  • Plus de 3 000 décès de personnes âgées de plus de 65 ans.
  • Trois suicide sur quatre sont le fait d’un homme, ce qui se retrouve dans la plupart des pays.  En comparaison avec d’autres pays ayant le même type d’organisation politique et de système économique, la France est un pays parmi les plus suicidogènes. Elle a obtenu des résultats significatifs pour les adolescents et jeunes adultes en faisant chuter le nombre de décès de moitié en dix ans (de 1 000 à 5 00). Par contre le suicide des personnes âgées est anormalement élevé.

    Pour une approche plus détaillée, voir les livres suivants :

    Suicide, l’envers de notre monde.

    Christian BAUDELOT et Roger ESTABLET.  Editions du Seuil. Approche sociologique.

    La France du suicide.

    Professeur Michel DEBOUT.   Editions Stock. Approche épidémiologique

 

  • Qu’est ce qui conduit au suicide ?

    Ce sont la SOUFFRANCE et le sentiment dl’IMPUISSANCE à en sortir qui poussent les personnes au suicide. Elles ne veulent pas mourir, elles veulent arrêter de souffrir. C’est parce qu’elles sont dans le DESESPOIR qu’elles passent à l’acte.Des situations  comme celle de Madame Chatelet, mère de Lionel Jospin, qui se suicide à un moment où tout semble aller bien dans sa vie sont exceptionnelles.Cela n’empêche pas de lire le très beau livre de sa fille qui relate les derniers moments de vie avec sa mère : La dernière leçon.  Noelle CHATELET.

  • Vous me posez la question des « causes du suicide ». Je vais essayer de vous donner une réponse cohérente mais chaque crise suicidaire est singulière.

    Martin Gray, qui aura vécu des drames multiples et terribles tout au long de sa vie a aujourd’hui 91 ans. Bruno Bettelheim qui a connu Dachau s’est suicidé à 87 ans. Il y a certainement des choses communes dans leur parcours de vie mais on ne peut pas prédire un suicide  à l’aulne du drame. Martin Gray aurait pû se suicider, Bruno Bettelheim mourir de vieillesse.

    Dans un suicide il y a des facteurs personnels qui rentrent en jeu. Le tempérament, le caractère de chacun qui vont  plus ou moins favorise la capacité à supporter la souffrance.

    Il y a des facteurs relationnels. Plus une personne est isolée, plus elle s’enferme dans sa souffrance, plus le risque de suicide augmente. Les personnes mariées se suicident moins que les célibataires…  Les parents se suicident moins que les mariés sans enfant.

    Il y a des facteurs environnementaux. Vivre dans une grande ville favorise l’accès au repérage et au soin. Ainsi Paris et sa banlieue ont des taux de suicide très bas alors que les habitants de Haute Provence se suicident beaucoup. Ils ont un climat agréable, ils vivent dans des paysages merveilleux mais, quand on va mal dans un habitat isolé, il y a peu de monde pour s’en apercevoir et aider.

     A ce titre, la politique consistant à doter les régions d’hôpitaux centralisés avec des plateaux technique performants contribuerait à augmenter le sentiment d’isolement et d’insécurité. IL n’est qu’à voir avec quelle énergie les habitants des zones rurales se battent pour que soient maintenus des hôpitaux de proximité.

    Il y a des facteurs économiques. Quand Baudelot et Estrablet cherchent s’il y a des métiers qui exposent plus au suicide que d’autres, il s s’aperçoivent que ce sont les demandeurs d’emploi qui se suicident le plus.

    Comme nous l’avons vu plus haut, les crises économiques font brutalement augmenter le suicide, notamment celui des jeunes qui n’ont encore rien : ni revenus, ni contrats de travail, ni logements en propriété.

    Il ya des facteurs de personnalité : vivre dans des environnements familiaux marqués par des violences, des pathologies, de l’alcoolisme n’aide pas à construire la confiance en l’autre, la confiance en soi, la confiance dans la vie. Selon plusieurs études, les traumatismes infantiles sont présents dans environ 60% des décès par suicide. Les carences affectives, les vécus d’abandon sont hyper représentés dans les crises suicidaires.

    Les personnes violentes sont beaucoup plus à risque de suicide que des personnes plus paisibles. En prison, en respectant les proportions entre les différentes condamnations, ce sont les auteurs de crime de sang et de violences sexuelles qui passeront le plus à l’acte.

    Il ya des facteurs sanitaires : les premiers mois d’une maladie redoutée (Sida,cancer), les premières manifestations d’une maladie involutive (sclérose en plaques), les moments de perte d’image de soi et de projection dans le futur dûs à un accident invalidant ou à une amputation voient le risque de décès par suicide multiplié par 6. C’est encore plus fort lors de la découverte d’une psychose, d’un trouble maniaco-dépressif ou lors d’une décompensation psychotique ou dépressive.

    Les études réalisées de façon différente dans tous les pays qui essaient d’améliorer la prévention du suicide, font état de la présence d’au moins une pathologie psychiatrique non stabilisée chez environ 60% des personnes décédées par suicide. La dépression non traitée vient en premier. L’alcoolisme lui est très souvent associé.

    Il y a bien sût toutes les grandes crises existentielles qui favorisent la souffrance : adolescence, crise du quadra, fin de la vie professionnelle et vieillissement…

  • Y a-t-il des personnes à risque suicidaire ?

    Cette question renvoie à des facteurs personnels. Certaines personnes sont-elles plus à risque suicidaire que d’autres ?

    Avant tout, je tiens à préciser que tout être humain va être confronté à des moments dramatiques (décès, séparations, pertes d’emploi ou de statut, maladies, accidents…) et qu’il va traverser toutes les grandes crises existentielles : le passage de l’enfance à l’âge adulte, l’installation dans la vie, l’arrivée des enfants, leur départ de la maison, la fin de la vie professionnelle, les premières manifestations du vieillissement. Si on est généralement attentifs aux drames, on l’est beaucoup moins aux crises existentielles qui passent parfois inaperçues alors qu’elles sont de réels moments de fragilisation de l’individu. Lors de ces crises souvent longues, l’être humain perd des repères, ne sait plus qui il est ni comment se situer dans la vie. Il a des capacités d’adaptation altérées, est confrontées à des mouvements émotionnels qui le débordent.

    Bien que des recherches se poursuivent activement, aucun gène du suicide n’a été repéré aujourd’hui. Par contre, comme le constate Boris Cyrulnik dans son livre consacré au suicide des enfants : « Quand un enfant se donne << la mort>>, attachement et sociétés » chez Odile Jacob : « Une vulnérabilité émotionnelle peut donc être acquise précocement, gravée dans le cerveau de l’enfant par la souffrance parentale, quelle qu’en soit la cause : orphelinage précoce, maltraitance physique ou sexuelle, violence, alcool, maladie psychiatrique, négligence affective, divorce conflictuel, épuisement professionnel, désorganisation sociale ou déculturation. »

    Si on en réfère à une approche psychiatrique, les adultes souffrant du trouble du tempérament connu sous le nom « d’impulsivité » sont plus exposés que d’autres à une mort violente (accident, homicide, suicide) du fait de leur incapacité à gérer leurs émotions et de leur faculté à agir leurs tensions internes (conduites à risques, violences sur l’environnement et sur l’autre, violence sur soi) Ce trouble du tempérament caractérise environ 30% des suicides. Il a un caractère héréditaire possible.

    Certaines pathologies psychiatriques (psychoses, troubles bipolaires…) ont également un caractère héréditaire. Comme nous l’avons vu précédemment, ces maladies génèrent de la souffrance et, si celle-ci devient insoutenable, conduisent au suicide.

    La mélancolie, pathologie difficile à classer, se caractérise par sa chronicité  et par un état de tristesse et de désespoir quasi permanent qui explique une forte suicidité.

    Aujourd’hui les conduites de dépendance comme l’alcoolisme ou la toxicomanie sont considérées comme des troubles psychiatriques. L’alcoolisme, « mauvais moyen de rééquilibrage de la crise » pour reprendre une formule du Professeur Terra et la toxicomanie, sont sur-représentés dans les décès par suicide. Ils sont à la fois les symptômes d’une souffrance non élaborée (carences, vécus d’abandon, blocages psycho-affectifs…) et les déclencheurs par un effet désinhibiteur qui précipite le passage à l’acte ou par les angoisses et les hallucinations consécutives à l‘ingestion du produit.

    Boris Cyrulnik décrivait l’impact neurologique des situations de stress aigu chez les enfants. L’approche psychopathologique montre clairement que le risque de décès par suicide est considérablement plus élevé pour les personnes, adultes, confrontées à des situations de violences contemporaines (violences conjugales, violences sexuelles, violences au travail) ou à des situations de violences prolongées (violences familiales, inceste….)

    Si la plupart des études internationales s’accordent pour dire que 60 à 70% des décès par suicide concernent des personnes présentant au moins un trouble psychiatrique, le plus souvent non traité, il reste cependant un volant de décès par suicide qui concernent des personnes exemptes de pathologies psychiatriques caractérisées.. IL s’agit de personnes confrontées à des crises psycho-sociales : série d’événements stressants et dramatiques dans un temps restreint, événements brutaux et totalement imprévisibles… Le professeur Monique Séguin parle également de « fardeaux d’adversité », c'est-à-dire de difficultés importantes qui, au fil du temps, usent les capacités d’adaptation, sapent l’espoir et épuisent les personnes concernées.

    Toutes les situations de marginalité (origine ethnique, caractéristiques physiques, orientations sexuelles minoritaires, handicap, âge, confrontation prolongée à la souffrance d’autrui …) ou d’isolement (refuge politique, déscolarisation, chômage, placements, inhibition …) sont lourdes à porter, sont souvent connotées moralement, créent chez les personnes un fort sentiment d’anormalité et limitent la vie sociale et relationnelle qui est le meilleur antidote contre la souffrance.

    En conclusion, le processus suicidaire peut concerner n’importe quel individu. Sa gravité va être  relative à plusieurs facteurs :

  • Les capacités personnelles d’adaptation et d’élaboration,
  • l’attention et la réactivité de l’environnement familial,
  • la proximité du réseau de soin,
  • l’adaptation des traitements aux besoins des personnes.

Les facteurs temporels jouent un rôle important : une personne qui vient d’être amputée, celle qui vient d’apprendre qu’elle a une maladie mortelle, une entrée en schizophrénie, la confrontation quotidienne à la violence, les lendemains d’accident… font « choc » et confrontent à un vécu de total impuissance. Le risque de suicide est élevé dans cette immédiateté là.

La sortie d’hôpital est également un moment critique et dans les trois jours suivant celle-ci le nombre de décès par suicide est très élevé.

Or les études montrent que quelques semaines ou quelques mois plus tard, le  nombre de décès par suicide diminue considérablement, le temps nécessaire à ce que les personnes commencent à intégrer et à accepter leur nouvelle réalité, qu’elles s’adaptent, qu’elles trouvent leurs stratégies de survie ou de vie.

  • Y a-t-il des signaux ?

    Les autopsies psychologiques montrent que les 2/3 des personnes décédées par suicide ont essayé d’alerter.

    Les seuls signaux spécifiques sont les expressions claires : « J’en peux plus, j’en ai marre, si ça continue, je vais me suicider… » Elles peuvent intervenir très tôt, au début de la crise ou au contraire à un stade avancé. C’est la lettre d’adieu laissée quelques heures avant le passage à l’acte, c’est l’appel à des proches ou à des soignants après avoir avalé des médicaments.

    Il y a aussi des allusions : « Je ne vais pas vous embêter bien longtemps... Je sais ce que je vais faire… Je vais bientôt partir… » Ces expressions sont souvent bien comprises par l’entourage mais celui-ci tente plutôt d’encourager : « Allez, viens, ça va passer… » ou de décourager la personne dans son idée : « Allez, dis pas de bêtises »

    Du coup, les personnes suicidaires sont déçues. Elles attendent qu’on leur demande ce qui se passe, si elles pensent au suicide, si elles ont envisagé le moyen de se suicider. Comme la question ne vient pas, elles s’isolent de plus en plus.

    Les signaux indirects sont compliqués à interpréter. Les changements brutaux et inexplicables sont au premier rang de ceux-ci : changement de look, de relations, de centres d’intérêt, d’attitudes. Les professionnels des hôpitaux sont toujours alertés lorsqu’un patient range subitement ses affaires ou qu’il s’isole complètement de ses amis et des ses activités habituelles. Ils sont étonnés également des améliorations subites et inexplicables.

    Mais les signaux indirects peuvent révéler toutes sortes de crise. Pour savoir s’il y a une idée suicidaire derrière des signaux d’alerte, il est nécessaire de poser des questions : « Que se passe t-il ? Est-ce que vous allez mal au point de penser au suicide ? » ou « Vous semblez aller mieux ces temps ci. Il arrive que cela se produise quand des personnes ont décidé de se suicider. Est-ce votre cas ? »

    Souvent les proches ont peur de susciter l’idée du suicide en prononçant le mot. C’est le contraire. En l’évitant, on conduit la personne suicidaire à se décourager de faire partager sa crise et elle donne de moins en moins d’informations.

    Pour avoir plus de précisions sur le repérage de la crise suicidaire, le mieux est de taper « Repérage et évaluation de la crise suicidaire » sur internet et vous aboutirez aux travaux du Pr Monique Séguin et du Pr Jean-Louis Terra qui sont validés par la Fédération Française de Psychiatrie.

  • Peut-on éviter à une personne de passer à l’acte ? Y a-t-il des traitements efficaces ?

    Il faut bien comprendre qu’une personne suicidaire n’a pas envie de mourir. Elle envisage de le faire pour ne plus souffrir. Elle est en situation d’impuissance à résoudre les difficultés auxquelles elle est confrontée. Mais elle a très envie d’accéder à une vie meilleure.

    Elle ne passera à l’acte que si elle est convaincue qu’il n’y a rien de mieux à faire. Le Code Pénal qui fait obligation de porter secours à une personne qui met sa vie en danger traduit bien cela. Beaucoup de personnes suicidaires sont ambivalentes et lorsque des liens se créent avec des proches, avec des amis, avec des professionnels, elles peuvent quitter la croyance que seule la mort peut les soulager et retrouver l’envie d’être en vie.

    On n’empêche pas quelqu’un de se suicider, on ne guérit pas une personne suicidaire  mais on partage avec elle une période douloureuse, on fait  un bout de chemin ensemble vers la vie. L’essentiel pour tout être humain est d’avoir une vie relationnelle et affective. La qualité de la relation avec une personne suicidaire va être l’élément déterminant du processus de sortie de crise.

    Donc on peut éviter à une personne de passer à l’acte en osant aborder avec elle d’éventuelles idées suicidaires, en l’accompagnant jusqu’aux urgences d’un hôpital si elle est d’accord pour le faire, en appelant les services de secours si elle n’accepte pas d’aide. Par contre on ne laisse pas une personne sur le point de se suicider seule.

     Nombre de personnes sur le point de passer à l’acte et empêchées de le faire sont sorties ensuite du processus suicidaire pour ne plus y revenir. Il en est de même pour des personnes qui ont fait des tentatives et qui ont été réanimées.

    Il n’y a pas de « gène du suicide », donc il n’y a pas de médicament du suicide.

    Le traitement dépend de la nature de la situation rencontrée par chaque personne.

  • Traitement social quand il y a des problèmes de revenus, de logement. 
  • Traitement psychiatrique quand il y a une dépression, une schizophrénie, des troubles bi-polaires non stabilisés…
  • Traitement post traumatique après des agressions, des accidents, des attentats…
  • Sevrages et post cures pour les addictions
  • L’accompagnement psychologique est presque toujours nécessaire.

    Mais ce sont avant tout le lien et la relation qui vont redonner goût à la vie. Aristote écrivait que «L’homme est un animal social » Tout être humain a besoin d’un regard positif sur lui. Les personnes en souffrance ont le réflexe de s’isoler. Comme elles perdent souvent confiance en elles, elles pensent qu’elles n’intéressent plus personne. Puis l’émergence de la crise permet la solidarité des familles, l’intérêt des soignants, le lien entre patients. C’est d’ailleurs un peu un piège pour certaines personnes qui se sentent comprises et écoutées à l’hôpital et qui se perdent à nouveau dans l’anonymat à leur sortie.

  • Thérapies familiales ou de couple
  • Accompagnement aux deuils compliqués ou bloqués.
  • Le traitement somatique après une tentative ratée qui a des conséquences.
  • Soins du corps pour les souffrances dues aux émotions

 

témoignages :

  • Hélas oui. Il avait demandé rdv à son psychiatre, le rendez-vous était prévu 3 semaines plus tard, beaucoup trop tard. Je pense qu'il y a beaucoup de chose à faire pour la prévention du suicide.

 

  • malheureusement oui !!! 

 

  • Malheureusement oui... Plusieurs fois ...La dernière fois est toute proche l'enterrement était mardi dernier

 

  • Oui, hélas même si ce n'a pas été fréquent. Celui d'un ami d'enfance de notre couple, mort à 25 ans. Il avait fait une grave dépression dans les années 60 et n'arrivait pas à trouver du travail, car il ne l'a pas caché à ses employeurs potentiels (il fallait expliquer un an d'interruption). Il est donc réparti chez ses parents, à un millier de km. Et désespéré d'être une charge pour eux il a mis fin à ses jours. Mon mari a été prévenu en premier. Il a attendu plusieurs jours avant de m'annoncer la triste nouvelle. Nous l'avions hébergé pendant quelque temps mais il ne voulait pas non plus être une charge pour nous. Même si nous aurions été, je pense, aussi impuissants que ses parents à éviter ce drame, nous avons culpabilisé. Et j'y pense toujours...

 

  • Oui. Mon oncle s'est suicide a la carabine . 
    Ma cousine disait qu'il déprimait un peu. Il avait vu le Medecin qui avait vu ce qu'il appelait 1 petite déprime. 
    Mon oncle a mis fin a ses jours en se tirant 1 balle dans la tète au fond de son jardin.
    Ma tante et ma cousine ont été suivies par 1 psy pour essayer de comprendre et d'accepter cette mort brutale et violente.

 

  • OUI un bel homme souriant qui avait l'air si bien dans sa peau,35 ans ,deux enfants.
    Il s'est titré une balle dans la tête dans son cabinet dentaire parcequ'il ne voulais pas faire face à un controle fiscal (il avait "oublié ",les declarations).
    UNe cousine s'est suicidée aussi ,20 ans apres,apres le mariage de sa fille, en laissant ce message:"maintenant que nos enfants sont grands et ont une belle vie,je pars le rejoindre ....

 

  • Ça ne devrait pas être tabou. Refuser d'en parler et vivre dans le non-dit n'empêche pas le passage à l'acte et n'aide pas les proches à surmonter l'épreuve de ce traumatisme. Il faut donc parler sans honte de ce comportement. Et se rendre compte que ce ne sont pas les personnes incurables ou qui ont la hantise de la déchéance qui se suicident le plus mais ceux à qui une épreuve passagère semble insurmontable alors qu'en réalité elle ne l'est pas. . Mais pour cela il faut être bien entouré donc... parler de son probleme. Et pas uniquement avec un psy. Avec son entourage proche, des connaissances dignes de confiance, des étrangers mêmes comme sur ce forum, il suffit qu'ils aient les bons mots à mettre sur les mauvaises douleurs. Un psy peut aider en amenant à parler. S'il se contente de prescrire des anti-depresseurs ceux-ci peuvent, au début du traitement, favoriser le passage à l'acte, par desinhibition. Ensuite ces molécules aident le système nerveux à se mettre au repos, comme un plâtre pour une jambe cassée. Mais mettre des mots sur ce qui vous pourrit la vie et se rendre compte que "vider son sac" peut vous apaiser est la meilleure solution à mon avis.

 

  • Virginie  Lefranc: Face au suicide d’un proche, le plus fréquent est la culpabilité. Il est salutaire d’avoir conscience que le suicide est en lien avec mal-être profond, sous jacent, en lien avec des blessures conscientes ou inconscientes. L’inconscient a son rôle, si le suicide se retrouve d’une génération à une autre (schéma répétitif familial). Lorsqu’un événement est supposé être à l’origine du suicide, il est bien souvent l’événement déclencheur de blessures antérieures. Le suicide est une forme de protection pour ne pas souffrir. L’annonce d’une maladie, par exemple peut amener une personne à suicider. Les personnes avec des blessures affectives, émotionnelles… sont nombreuses et toutes ne se suicident pas. En ce sens, il est important d’avoir conscience que nous sommes des êtres uniques avec notre propre personnalité, notre histoire. Le suicide n’est pas contre une personne, un entourage, un environnement, mais pour soi pour ne plus souffrir. Le suicide fait partie du chemin de vie de ces personnes. Pour se libérer de la culpabilité, il est salutaire de se rappeler que le suicide est le choix de la personne et que s’il est supposé être réalisé sur une impulsion, celui-ci fait partie du chemin de vie de cette celle-ci. L’acceptation est difficile, au regard du traumatisme engendré. Pour accueillir et accepter celle-ci, il peut-être salutaire de se faire accompagner pour ne pas rester isolé dans ses regrets, remords, colère, rancoeurs, culpabilité et porter un regard, sans jugement, mais bienveillant, dans le respect de la personne disparue.

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Date de dernière mise à jour : 05/10/2015