Paroles

Eviter les paroles malheureuses

Même si vous êtes animé(e) des meilleures intentions, il y a parfois des paroles qui peuvent faire beaucoup plus de mal que de bien ! Voici quelques exemples à éviter à tout prix :



1.« Avec le temps, la douleur va disparaître »

Ceci est vrai et faux, en même temps :



◦c’est vrai car, effectivement, au fil du temps, la douleur va s’estomper, mais il y aura des moments où elle reprendra périodiquement de la force (aux dates anniversaires par exemple).

◦c’est faux, car le temps n’apporte pas un soulagement progressif et linéaire. D’ailleurs, au cours du deuil, le temps seul ne suffit pas à apaiser la peine : l’apaisement vient quand la personne accomplit un authentique travail de deuil et c’est sa responsabilité de s’y atteler : elle seule peut le mettre en œuvre. C’est seulement à ce moment là que le temps deviendra, pour elle, un allié.



2.« Ne ressasse pas tout le temps la même chose ; tu te fais du mal ! »

… ou encore :
« Arrête de regarder ses photos, tu te fais du mal »
« Arrête de ressasser tous ces souvenirs, tu te fais du mal »
« Jette au plus vite toutes ses affaires, ça te fait du mal »

Ce conseil est à l’opposé de ce dont la personne en deuil a besoin pour aller mieux ! En effet, « ressasser » est au cœur du travail de deuil ! Il lui est d’ailleurs impossible de ne pas « ressasser » : elle ne peut pas faire autrement.
Même si vous ne comprenez pas cette logique, sachez que c’est véritablement en « ressassant » que la personne en deuil parvient à « user » les émotions sur lesquelles elle revient sans cesse : c’est ainsi qu’elle s’apaise. Si elle ne les « ressasse » pas, ses émotions restent intactes et elles conservent leur douloureuse intensité ! Ce (mauvais) conseil détourne la personne en deuil du travail qu’elle a à accomplir. Il faut, au contraire, l’encourager à exprimer ses émotions et être prêt(e) à les accueillir, même si on a l’impression qu’elle tourne en rond.


3.« Il est temps de tourner la page ! »

… ou encore :
« Il faut passer à autre chose maintenant »
« Il faut te tourner vers l’avenir maintenant »
« Alors, secoue-toi ! Sors ! Fais des choses qui te font plaisir ! »
« Allons! Prends sur toi ! Tu ne peux pas rester à te complaire dans ton malheur »

Très souvent, ces phrases surviennent bien trop tôt dans le processus de deuil (quelques mois à peine après le décès !). Prenez conscience que vous êtes en train de demander à cette personne quelque chose d’impossible à réaliser. Elle n’est pas encore prête à « tourner la page », même après un an ou un an et demi. Le processus de deuil est beaucoup plus long que vous ne le croyez.
De plus, vos paroles peuvent être comprises comme : « Il est temps que tu oublies », alors que c’est la dernière chose qu’elle a envie de faire ! Et elle peut vous en vouloir de lui dire cela… Enfin, il se peut que cette phrase soit le reflet de votre propre impatience face à un processus de deuil que vous jugez trop long… Aider quelqu’un en deuil, c’est apprendre à s’ajuster à son rythme… même si ce rythme est très lent !


Ne parlez pas trop vite à la personne en deuil de la nécessité de se « reconstruire ». Si elle ne se sent pas encore prête, cela peut la « plomber » et la culpabiliser de ne pas avancer assez vite… Bien sûr, la reconstruction se fera (c’est la 4ème étape du processus de deuil), mais elle se fera en son temps (dans un an ou parfois beaucoup plus…). Laissez donc au processus de deuil le temps de se dérouler en elle et cheminez tranquillement à ses côtés, en lui laissant suivre son rythme et sans vouloir court-circuiter trop vite les incontournables étapes de son deuil.

(source:traverserledeuil)

 

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Commentaires (5)

PITTINO
  • 1. PITTINO | 12/10/2010

Merci de ces précieux conseils!
car on veut tellement bien faire que surement inconsciemment nous commettons de graves erreurs!
le dosage est si difficile à faire entre ce que l on peut dire ou pas dire !
que l on culpabilise meme apres....
tel est mon cas et j en souffre terriblement!
merci ! c ets du bonheur e vous lire je me permets de vous embrasser affectueusement! GRAZIELLA! merci MARION j ai bien reçu le fascicule et le beau marque page en ange!! bises!

viviane
  • 2. viviane | 14/10/2010

bonjour

je suis entièrement d accord avec le déroulement du deuil , je pense que l on doit soutenir la personne concernée sans rien lui imposer !! il n y a pas de durée pour faire un deuil
j ai perdu mon mari en aout 2007 , j ai fait rapidement mon deuil ,je pense que je l ai fait au cours de l accompagnement pendant sa maladie ,ses traitements je l ai accompagné à 100°/° jour et nuit seule , je voulais que ce soit ma place à moi , nos derniers moments de partage avec lui
je suis aide soignante et je pense que c a été un avantage pour pouvoir tout assumer, en fait j ai pris sa mort pour un soulagement ,mon mari a été très courageux et digne jusqu au derniers moments, on a instaurer un traitement de soulagement le matin et il est parti vers 20 h le soir ,il etait serein et en paix ,je lui ai tenu la main jusqu au dernier souffle et lui a attendu ses collègues de la nuit pour partir dans un monde meilleur (il etait infirmier de nuit et il est décédé dans l établissement ou l on travaillé)
par contre il a voulu partir avant l arrivée de ses enfants (ils étaient tout les 3 chez ma fille ainée dans le sud de la France) je crois qu il voulait leur épargner les tout derniers moments difficiles à voir
Neuf mois après son décés , j avais rangé ses affaires, j ai commencé a sortir après en avoir parlé avec mes enfants ,ils ont bien acceptés et comme mon mari le souhaitait avant sa mort ,ils m ont dit d aller de l avant que j avais fait beaucoup pour tout le monde
un an après j ai rencontré quelqu un, je me suis reconstruite et cet homme deviendra un jour mon compagnon
si mes enfants l acceptent bien il n en est pas de m^me pour ma propre famille qui me juge et aurait pê prefèrè que je me renferme ou ma tourne plus vers eux mais je pense le contraire moi , j ai vécu 26 ans de vie maritale avec ma belle mère chez moi et je l ai encore soigné 2 ans et demi après le décés de mon mari mais là , je veux vivre pour moi
et jamais je n oublierai mon mari , jamais personne ne prendra sa place, je continue ma vie mais je ne le remplace pas !!!!
si moi j ai pu faire rapidement mon deuil ,mes 2 enfants ainés ont acceptés le départ de mon mari et ont pu faire leur deuil à leur rythme ,par contre ma fille cadette ne la toujours pas fait et se reproche beaucoup de choses , elle a souvent des periodes de profonde tristesse , de desespoir ou elle veut rejoindre son papa donc je pense qu on peut soutenir mais faut laisser vivre à son rythme chacun!!! soutenir ,sans forcer ; avancer en regardant devant mais le passé reste (présent)quelque part et surtout respecter les choix de reconstruction de chacuns après !!
bon courage dans votre association

Marijke ...Marie pour les Français ;-)
  • 3. Marijke ...Marie pour les Français ;-) | 14/10/2010

il y a 6 ans, je perdais mon fils de 7,5ans Benjamin, d'un cancer du foie. Je l'ai accompagné dans sa maladie pendant 2 ans et c'est dans mes bras qu'il est parti, en total confiance, serein et d'une manière que les médecins du service d'oncologie pédiatrique n'avaient jamais vu. Je suis fière d'avoir fait ce chemin avec lui...et fière de continuer le mien encore avec lui pour veiller sur moi. Je n'aime pas le terme "faire son deuil", je préfère "vivre son deuil". je ne ferai jamais mon deuil vu que je vivrai toute ma vie avec ce qu'il m'a laissé en héritage : un amour et un respect immense pour la vie et ce qu'elle a à offrir. Je ne veux pas non plus "ne plus avoir mal", cette douleur est un lien fort que je ne veux pas perdre, une manière d'être encore en contact physique avec lui.
J'ai choqué pas mal de gens lors de ses funérailles en allant bien, en refusant le "noir" et en demandant aux gens de venir en rouge, sa couleur préférée, et avec un tournesol, j'ai choqué encore en n'allant pas le voir à la morgue, et en refusant d'aller "sur sa tombe" régulièrement. Mais je vis avec lui dans mon coeur tous les jours et en le sentant pousser son dernier soupir dans mes bras, j'ai...désacouché...je n'ai pas trouvé d'autre terme pour définir ce sentiment de pleinitude qui m'a remplie et avec lequel je continue à vivre au quotidien ...quand la douleur, le manque de lui ne vient pas me submerger.
Il y a 2 ans, la Vie m'a offert un cadeau totalement inatendu : il s'appelle Axel et c'est en le regardant grandir que je réalise à quel point Benjamin avait raison : La Vie est un Miracle !

isabelle
  • 4. isabelle | 06/10/2011


Cel invite à ces quelques mots du livre de Corinne Neme Peyron sur l'écoute: Ecouter c'est aimer:
Ecouter ? Nous écoutons toute la journée : les membres de notre famille, nos amis, nos relations professionnelles. Nous pourrions donc penser qu’il n’y a rien de plus facile et de plus naturel qu’écouter. Mais, parfois, l’écoute devient accompagnement. Parce qu’un proche éprouve le besoin de se confier. Parce qu’un parent supporte mal de vieillir. Parce qu’un collègue vit un deuil douloureux. Nous sommes alors confrontés à la souffrance, la séparation, la maladie, le deuil. Nous pouvons en être déstabilisés et nous « perdre » dans cet accompagnement. Nous risquons de fournir à l’écouté des solutions « clé en main ». Convaincue qu’accompagner peut aussi s’avérer riche et bénéfique, Corinne Nême-Peyron nous encourage et nous guide vers une écoute active, respectueuse, libératrice. Comme un signe de l’amour reçu et donné.

marion
  • 5. marion | 19/12/2011

oui ecouter c aimer tres bien ecrit ce passage,merci du partage isabelle

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